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 Bénin : "Sur les traces de nos malheurs"

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MessageSujet: Bénin : "Sur les traces de nos malheurs"   Mer 8 Sep 2010 - 14:57

Sur les traces de nos malheurs

Article tiré du blog du chroniqueur et journaliste béninois Jérôme CARLOS (Edition du 01 septembre 2010).



Dur, dur d’être Béninois par les temps qui courent. Nous sommes encerclés de toutes parts par des malheurs sans nombre. Nous pouvons fermer les yeux sur le mal qui nous ronge. A l’image de l’autruche. Mais nous avons choisi de garder les yeux ouverts et de tenir la comptabilité de nos malheurs. Nous avons arrêté notre compteur à sept, bien conscient que la liste n’est pas limitative.

Il y a, premièrement, tous les floués de ICC Services, du nom de cette société de placement d’argent. Elle a laissé sur le carreau des milliers de Béninois. Ils n’ont plus, aujourd’hui, que leurs yeux pour pleurer. On a fait rêver nombre de nos compatriotes. Ils se sont mis à bâtir, comme on dit, des châteaux en Espagne. Nous ne savions pas le Béninois aussi économes. Celui-ci a sorti promptement son bas de laine. Celui-là n’a pas hésité à casser sa tirelire. Tous ont cru au baratin des rabatteurs de service lancés à leur trousse. Tous étaient assurés de faire de bonnes affaires et de prendre le bon virage pour le rendez-vous avec la fortune. Et puis, un matin, patatras ! « Adieu veau, vache, cochon, couvée ».

Il y a, deuxièmement, les sinistrés de Karimama, dans la partie septentrionale de notre pays. Hommes, femmes et enfants sont délogés de leurs maisons. Ils sont expulsés de leurs champs. Des pluies diluviennes sont passées par là. Elles ont fait déborder le fleuve Niger. Les récoltes sont emportées par les eaux. Les bêtes sont mortes. La région n’est plus qu’un champ de ruine. Au grand désespoir des habitants. N’ayant plus rien, ils manquent de tout. Les Béninois, de partout, doivent entendre l’appel pressant à une solidarité agissante.

Il y a, troisièmement, les oubliés du gaz que nous sommes subitement devenus. Par le gaz, nous avons fait un saut dans la modernité. Mais nous voici brutalement ramener à nos foyers traditionnels, à nos fagots de bois, à nos charbons de bois. Nous n’étions pas peu fiers, par le gaz, de participer, à notre manière, à la protection de notre environnement naturel. Mais les puissants du jour nous fait chuter de haut. Sans nous prévenir. Sans nous informer. La fumée envahit les appartements. Les risques d’incendie se multiplient. Le charbon revient en force, mais sur le cheval nerveux d’une inflation galopante. Mais que faire ? Prendre notre mal en patience. Continuer de mettre la main noircie de charbon à la poche. Mais jusqu’à quand ?

Il y a, quatrièmement, le cholera. La terrible maladie commence à faire des siennes, avec déjà des morts à la clé. Hier à Cotonou, le compteur du ministère de la Santé tutoyait le demi millier de cas déclarés. Le centre de santé d’Ayélawadjè, tenu pour l’établissement de référence dans le traitement du mal, refuse du monde. Tous les quartiers riverains de la lagune et des bas-fonds insalubres de la ville, libèrent par dizaines leurs lots de malades, engagés dans une course contre la mort. Le mal ne connaît pas le genre : il frappe indistinctement hommes et femmes. Il ne s’arrête pas non plus à l’âge des individus. Il confond dans le même malheur, enfants et adultes, jeunes et vieillards.

Il y a, cinquièmement, les recalés de nos différents examens de fin d’année scolaire. Ce n’est pas la catastrophe, c’est vrai. Mais on n’a pas des raisons d’être euphorique. Des recalés se comptent par milliers. Autant d’âmes en peine qui entraînent dans le désarroi des parents et des proches. S’il est un cas où l’échec a plusieurs papas et plusieurs mamans, c’est bien celui-là. Ceux qui ont raclé les fonds de tiroirs et qui se sont saignés aux quatre veines pour assurer la scolarité de leurs rejetons ne peuvent être à la fête. Et cela se comprend.

Il y a, sixièmement, les brûlés vifs d’Akpro-Missérété. Ce sont trois victimes de plus, depuis le 30 août 2010, à la longue liste des victimes de l’essence frelatée de contrebande. Ce qui s’est passé ce jour là n’a rien de nouveau. Les mêmes scènes malheureuses, pour les mêmes résultats macabres. Un contrebandier, se déplaçant à moto, était lourdement chargé de bidons d’essence. Il fut percuté par une autre moto, laquelle n’a pu être évitée par un véhicule qui s’était engagé à la dépasser. Eclatement des bidons d’essence. Explosion suivie d’incendie. Trois vies humaines emportées.

Il y a, septièmement, le braquage sanglant, du 30 août 2010, à la frontière bénino-nigeriane de Sèmè-Kraké. Des malfrats qui tiraient sur tout ce qui bougeait et qui en voulaient à l’argent des cambistes. Ces hommes sans foi ni loi ont endeuillé cette région de notre pays : cinq morts, des millions de nos francs emportés, plusieurs blessés graves et des dégâts matériels. Ce braquage sanglant, s’ajoute à la longue liste d’autres braquages du genre. Ce qui pose, en des termes aigus, le problème de la sécurité des personnes et des biens sur toute l’étendue du territoire national. Quel développement promouvoir, quand la vie humaine, un bien précieux entre tous, ne tient plus qu’à la gâchette d’un malfrat ? Mais nous devons garder espoir et rester, malgré tout, des hommes et des femmes d’espérance : à la nuit la plus ténébreuse succède toujours une aube radieuse.

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